Dossier

Vertigo : le revers de l’innovation

Retour sur la saga Vertigo à Walibi Belgium, une attraction peut-être un peu trop innovante pour son époque.

Le parc belge Walibi Belgium a toujours été un précurseur dans le domaine des parcs d’attractions. Et être pionnier implique inévitablement le risque de l’échec. Le dossier Vertigo illustre bien cette réalité. Retour sur l’un des projets les plus fous du parc au kangourou qui se soldera par la fermeture définitive de l’attraction annoncée comme révolutionnaire une semaine seulement après son inauguration…

Mélange de téléphérique et de montagne russe, le Vertigo était une attraction prototype dénommée Mountain Glider, unique au monde, et développée par la société Doppelmayr, spécialisée dans les remontées mécaniques des domaines skiables (et non dans les attractions !). Un investissement de, tout de même, 3.800.000 euros.

Les travaux débutèrent au début de l’année 2006. C’est le site de l’ancienne montagne russe Tornado, inutilisé depuis la fermeture de celle-ci en 2002, qui fut choisi pour accueillir la gare du Vertigo tandis que son parcours aérien était réparti au-dessus des zones Bob et Bobette/Italie (zone du Silverton), ce qui entraina le déplacement de l’attraction Inferno, et Lucky Luke City (zone de la Dalton Terror).

Pouvant atteindre la vitesse de 60 km/h, l’attraction se composait d’un ascenseur vertical à rotation amenant les visiteurs à une hauteur de 55 mètres et d’un circuit tubulaire de 722 mètres. Les nacelles, pouvant accueillir jusqu’à quatre personnes et étant synchronisées via le système Wifi, peu englobantes et relativement libres (effets de balancements à gauche et à droite, mais aussi en avant et en arrière en fonction du parcours), permettaient de recréer la sensation de vol.

Ouvert en 2007, le Vertigo est inauguré en grandes pompes un an plus tard, en 2008, en présence de l’acteur Jean-Claude Van Damme et de plusieurs autres célébrités belges.

Une semaine seulement après cet événement, des problèmes techniques persistants forcèrent les exploitants à fermer l’attraction pour le reste de la saison. L’utilisation capricieuse du Wifi provoquait notamment des mises en sécurité trop fréquentes, après lesquelles il fallait tracter une à une les nacelles jusqu’à la fin du parcours.

Ajouté à ces problèmes de Wifi, une usure prématurée de certaines pièces et un débit insuffisant auront finalement raison du prototype qui sera démonté durant le mois de décembre 2008. « Malgré les tests, on n’a pas assez de garanties en matière de capacité, de disponibilité et d’entretien du Vertigo. On ne peut pas se permettre d’avoir une attraction dont on ne peut pas garantir une ouverture quotidienne avec une capacité assez élevée. On va donc démonter la structure. Cela prendra plusieurs mois », avait alors annoncé Caroline Crucifix, porte-parole de l’époque, au journal Le Soir. C’est, sans aucun doute, le revers de l’innovation.

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